625-627, chemin des Patriotes

Photo crédit – Luc Charron

RAPPEL

  • Construction avant 1897
  • Roméo Lussier barbier, héros du roman de Yves Thériault
  • Cheminées habillées et persiennes
  • Architecture québécoise

ANECDOTES / NOTES

Elle a abrité dans les années 1980-90 un restaurant renommé, le Bourg Saint-Denis, appartenant à Michel Lussier et sa famille. Les repas étaient tellement appréciés qu’un jour, épuisée par une clientèle nombreuse et assidue, la famille Lussier a fermé boutique brusquement. Les habitués ont été tellement déçus qu’ils ont organisé une « funérailles » avec cortège et chants funèbres. ..dans la rue. Henri Pagé propriétaire vers 1881, fils de Louis Pagé, le patriote.

HISTORIQUE

Cette habitation est construite à la fin du 19e siècle, mais nous n’en connaissons pas la date exacte. Nous savons que la famille de marchand Pagé a occupé les lieux. L’annexe du côté gauche sert de salon de barbier et de restaurant jusqu’en 1969. Le barbier Roméo Lussier y tient son commerce durant près de 35 ans. Dans les années 1990, un second restaurant, Le bourg Saint-Denis, occupe le bâtiment. Il ferme ses portes quelques années plus tard. Par la suite, l’annexe est transformée en logement. La demeure abrite à une certaine époque trois logis en plus des espaces appartenant au propriétaire.

Roméo Lussier est le héros du livre d’Yves Thériault, Le grand roman d’un petit homme, publié en 1963. Dans cette histoire, le protagoniste assiste avec peine au repliement d’une voisine qu’il apprécie sans pouvoir lui porter secours. Chaque chapitre comprend une analyse par l’auteur de l’évolution de la situation. Ce drame, c’était de voir sa (lointaine) cousine Imelda Lussier s’étioler, s’assécher jour après jour.. sans pouvoir lui porter secours… Il la voyait
tous les jours passer pour aller jouer l’orgue à l’église et il allait chanter la messe à ses côtés. L’écrivain fait parler le pauvre homme et il enregistre ses émotions…

Architecture
Cette spacieuse maison québécoise présente davantage l’influence d’un néoclassicisme tardif que celle de l’éclectisme en vigueur à l’époque de sa construction. Le corps principal est celui d’une habitation au toit à deux versants droits dont les retours de corniche esquissent un fronton sur le mur pignon droit. Deux souches de cheminée habillées de tôle en chevauchent le faîte. Trois lucarnes à fronton arborent une menuiserie fort raffinée, avec des jambages traits en courts piliers.


RÉFÉRENCES:
COLLECTIF, Balades patrimoniales à la découverte des trésors architecturaux, M.R.C. de la Vallée du Richelieu, McMasterville, 2017, 211 p. I Registre foncier du Québec (en ligne)