549, chemin des Patriotes

Photos: Musée McCord / Claude Bergeron © MRC de la Vallée du Richelieu

RAPPEL

  • Batie vers 1805
  • Antoine-Exupère Dormicour, médecin
  • Ses filles Thérèse et Marie-Louise auraient agi comme infirmières
  • Soignent six soldats anglais abandonnés sur le champ de bataille ainsi que les patriotes blessés
  • Valeur historique de la maison à cause du geste unique de Nelson

HISTORIQUE

Cette demeure aurait été bâtie vers 1805 par le médecin Antoine-Exupère Dormicour, qui décède en 1809. Il s’agit de l’une des rares maisons se trouvant sur le champ de bataille le 23 novembre 1837 qui n’a pas été détruite. Lors de la bataille de Saint-Denis, les deux filles du docteur Dormicour sont âgées de 53 ans et de 49 ans. L’une d’elles, surprise par l’avance des troupes anglaises, se cache sous le pont de l’Amyot durant toute la bataille. Au soir tombant, une patrouille patriote la trouve à cet endroit, souffrant de froid.

Après le combat, la maison Dormicour sert d’infirmerie. En effet, les soeurs Thérèse et Marie-Louise, qui ont acquis quelques notions de médecine grâce à leur père, accueillent les blessés, dont six soldats anglais. Le docteur Wolfred Nelson, l’un des dirigeant patriotes, s’y rend malgré sa fatigue pour prodiguer des soins à ceux qui en ont besoin.

Cette scène unique: le commandant d’une troupe soigne les blessés de l’autre armée après la bataille. Il semble qu’un des soldats ait reconnu Nelson six mois plus tard en prison et lui ait offert de l’aider à s’enfuir, ce qu’il a refusé.

Cette résidence a échappé à la destruction, probablement grâce aux soins que les demoiselles Dormicour ont fournis aux soldats anglais lors du combat de 1837.

ARCHITECTURE

La maison Dormicour se rapporte à l’architecture québécoise. Une grande partie de sa valeur patrimoniale provient des événements qui s’y sont déroulés en 1837. Située près du sol, elle est constituée d’un corps principal auquel se greffe une petite annexe sur le mur pignon droit. Tout juste assez large pour loger l’entrée de service, cette annexe est un ajout tardif.

Le corps principal de la résidence est coiffé d’un toit à deux versants avec larmier débordant sur la galerie avant. II est supporté par d’élégants poteaux tournés. L’imposante lucarne qui perce le versant avant droit du toit a été modifiée avec les années. Les murs sont recouverts de planches à clins.

RÉFÉRENCES:
ALLAIRE, Abbé Jean-Baptiste. A., Histoire de la paroisse de Saint-Denis-sur-Richelieu, imprimerie du courrier de Saint-Hyacinthe, Saint-Hyacinthe, 1905, 543 p. / COLLECTIF, Balades patrimoniales à la découverte des trésors architecturaux, M.R.C. de la vallée du Richelieu, McMasterville, 2017,211 p. / SHRL.