RAPPEL

  • Le 23 novembre 1837
  • Arrivé de l’armée vers 9 h de Sorel
  • La maison Saint-Germain, forteresse
  • Nelson dans la maison
  • Les coups de canons
  • Carte de la bataille Distillerie Nelson

QUESTIONS

Pourquoi la première bataille ici ?

Parce que les chefs des Patriotes s’étaient réfugiés dans la région du Richelieu et que la tête de Papineau, chef du parti Patriotes et orateur (speaker) était mise à prix.

DISTILLERIE NELSON (ANECDOTE)

Juste à côté, Wolfred Nelson avait installé, près de la rivière, une distillerie tellement prospère qu’elle pouvait émettre ses propres billets de banque ! En plus de fournir des doses de courage… aux combattants, cet endroit offrit des abris aux tireurs embusqués parmi ses cordes de bois, tout au long de la journée. Exemple, ça prenait 4 trente-sous canadiens pour un dollar américain, c’est de là que viendrait l’expression ça prend 4 trente-sous pour faire une piastre !

HISTORIQUE

LA BATAILLE

La Grande-Bretagne n’a pas lésiné afin d’écraser la rébellion patriote. Dès que Gosford et Colborne découvrent que Louis-Joseph Papineau a trouvé refuge dans le petit village de Saint-Denis-sur-Richelieu, ils mobilisent pas moins de 900 soldats (400 de Montréal et 500 de Chambly) pour « accompagner » les juges de paix chargés d’arrêter le chef patriote. Parti de Montréal le 22 novembre, le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore apprend à Sorel que des villageois s’apprêtent à lui barrer la route à Saint-Denis.

Il donne l’ordre de marcher toute la nuit. L’armée arrive aux portes de Saint-Denis le matin suivant, trempée et épuisée par une marche forcée sous une pluie glaciale. De leur côté, les patriotes de Saint-Denis sont sur le qui-vive ; les quelque 200 résistants mal armés reçoivent constamment des renforts, si bien que le nombre de défenseurs s’accroît tout au long de la journée. À leur tête, le grand Wolfred Nelson se veut rassurant : « Soyez tranquilles, il y en aura de tués, et vous prendrez leurs fusils. » Retranchés dans une imposante maison en maçonnerie ainsi qu’à la distillerie appartenant au docteur Nelson, les patriotes ouvrent un feu nourri d’une grande précision. Devant ce tir plongeant, l’infanterie de Gore est impuissante. Impuissante aussi est son artillerie contre les robustes murs de la Maison Saint-Germain, transformée en forteresse par les patriotes – sauf pourtant le premier boulet, qui pénètre par une fenêtre, tuant d’une traite quatre défenseurs.

Vers 13 heures, l’arrivée de renforts des villages de Saint-Antoine, Contrecœur, Saint-Ours et Verchères galvanise le moral des défenseurs. La « compagnie des bâtons de clôture », armée de piquets semblant être des mousquets, bloque l’ennemi à l’entrée arrière du village. L’audacieuse tactique provoque la panique chez les Britanniques, qui croient se trouver en face d’une troupe bien armée. Après sept heures de combat, Gore décide de se replier, abandonnant armes et bagages aux patriotes restés maîtres des lieux. La victoire de Saint-Denis est d’une ampleur historique. Tout au plus, les patriotes avaient cherché, par leur résistance héroïque, à protéger la vie de leur idole Papineau. Ce succès inouï leur impose cependant d’aller jusqu’au bout de leur engagement, face à une armée anglaise désormais déterminée à écraser toute résistance. (Inspiré du texte de Gilles Laporte dans Le Devoir du 23 novembre 2012).

RÉFÉRENCES:
Gilles Laporte dans Le Devoir du 23 novembre 2012 I RICHARD, Dr Jean-Baptiste, Les événements de 1837 à Saint-Denissur-Richelieu, Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1938, 48 p.