Répertoire du patrimoine culturel du Québec, Claude Bergeron © MRC de la Vallée du Richelieu
585-589, chemin des Patriotes
RAPPEL
- Érigé vers 1868
- Hôtel St. Denis vers 1900 avec relais de chevaux
- Prohibition 1914 à Saint-Denis
- Famille Huard dès 1913
- Maison à toit mansardé avec brisis et lucarnes
QUESTIONS
Qu’est-ce que la prohibition ?
Réponse : Une série de lois, entre 1850 et 1922, pour restreindre la vente d’alcools. Le 4 août 1914, le Dominion du Canada, en tant que partie de l’Empire britannique, entre en guerre contre l’Allemagne. En mars 1918, le gouvernement fédéral adopte encore une loi de prohibition, qui interdit la fabrication et l’importation de boisson enivrante pour la durée de la guerre.
ANECDOTES / NOTES
Selon qu’on était du « bon bord ou non », on avait le permis ou pas. (Libéral ou Conservateur, rouge ou bleu).
HISTORIQUE
Cette maison en pièce sur pièce serait construite vers 1868. Elle est située à l’angle du chemin des Patriotes et de l’avenue Saint-Christophe. À une certaine époque, cette avenue se prolonge jusqu’à la rivière Richelieu.
Vers 1900, abrite l’Hôtel Saint-Denis propriétaire Hector Gaudette, et le terrain accueille un relais pour les chevaux. Cette auberge est autorisée à vendre des liqueurs et attire les ivrognes qui en profitent. La majorité des citoyens de Saint-Denis demande alors que la vente de boissons alcooliques soit prohibée. Leur souhait est exaucé en juillet 1914 et le calme revient dans le village.
La famille Huard prend possession de ce lot en 1913 avec quelques partenaires. Plusieurs bâtiments commerciaux font partie de ce lopin de terre avec un accès à la livraison de marchandises par la rivière.
Architecture
Maison à toit mansardé. Elle se compose d’un corps de bâtiment principal au plan rectangulaire allongé et d’une annexe, sorte de réduction du premier. Cette rallonge se dresse en retrait du corps principal sur son mur pignon droit. Son volume équivaut à celui d’une petite habitation. La maison Huard est construite près du sol, sur un soubassement de très faible élévation. Procurant plus d’espace sous les combles, les toits mansardés possèdent deux versants, dont le brisis galbé percé de lucarnes à pignon. Deux souches de cheminée chevauchent le faîte du corps principal, sur son mur pignon droit.
La maison à toit mansardé est une version populaire et modeste de l’architecture de style Second Empire. D’abord populaire en France, ce courant a transité par l’Angleterre, puis par les États-Unis avant d’apparaître au Québec, dans la seconde moitié du XIXe siècle (1850). En premier lieu réservé aux bâtiments publics et institutionnels, il est rapidement adapté à l’architecture résidentielle. Son toit dit « Mansard », qui doit son nom à l’architecte François Mansard, constitue sa principale caractéristique et l’un de ses grands atouts. En effet, il permet de dégager l’espace des combles et de rendre l’étage complètement habitable. C’est un avantage non négligeable à une époque d’importante croissance démographique.
RÉFÉRENCES:
COLLECTIF, Balades patrimoniales à la découverte des trésors architecturaux, M.R.C. de la Vallée du Richelieu, McMasterville, 2017, 211 p., SHRL et Wikipédia, RICHARD, Dr Jean-Baptiste, Saint-Denis-sur-Richelieu 1900 à 1940, Société d’histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1943, 251 p.