{"id":50,"date":"2014-04-19T15:26:04","date_gmt":"2014-04-19T19:26:04","guid":{"rendered":"http:\/\/riches-lieux.com\/?page_id=50"},"modified":"2017-11-23T18:12:52","modified_gmt":"2017-11-23T23:12:52","slug":"patriotes-st-denis","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/?page_id=50","title":{"rendered":"Patriotes de St-Denis"},"content":{"rendered":"<h3>Chronologie de la double insurrection des Patriotes\u00a0 (1837-1838)<\/h3>\n<h4>Aper\u00e7u des causes (1792 \u00e0 1837)<\/h4>\n<p><strong>1792<\/strong><br \/>\nCr\u00e9ation des provinces du Bas-Canada et du Haut-Canada, dot\u00e9es chacune d\u2019une Assembl\u00e9e l\u00e9gislative \u00e9lue par le peuple et d\u2019un Conseil l\u00e9gislatif nomm\u00e9 par le Gouverneur. Celui-ci repr\u00e9sente le roi et agit en monarque absolu.<\/p>\n<p><strong>1815<\/strong><br \/>\nLes d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus par le peuple ont apprivois\u00e9 tant bien que mal ce syst\u00e8me de gouvernement peu d\u00e9mocratique. Les francophones se regroupent dans le parti canadien.<\/p>\n<p><strong>1820<\/strong><br \/>\nLes probl\u00e8mes naissent et s\u2019amplifient du fait que le gouverneur, ses amis du conseil et les marchands britanniques veulent tous s\u2019enrichir rapidement et bloquent presque toutes les lois vot\u00e9es par le parti que dirige Papineau et qui devient en 1827 le Parti Patriote.<\/p>\n<p><strong>1834<\/strong><br \/>\nL\u2019Assembl\u00e9e envoie trois d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 Londres avec une liste de 92 R\u00c9SOLUTIONS d\u00e9crivant les multiples griefs du peuple canadien.<\/p>\n<p><strong>1835<\/strong><br \/>\nLes anglophones de Montr\u00e9al forment le British Rifle Corps et commencent \u00e0 s\u2019armer. Ils refusent de s\u2019appeler des Canadiens, de sorte que Papineau les appelle les \u00ab Bretons. \u00bb Le Gouverneur se verra forcer de les d\u00e9sarmer en 1836.<\/p>\n<h4><strong>1837<\/strong><\/h4>\n<p><strong>6 mars 1837<\/strong><br \/>\nApr\u00e8s trois ans et demi d\u2019attente, Londres rejette, par les dix R\u00e9solutions Russell, les 92 r\u00e9solutions du Parti Patriote. L\u2019Assembl\u00e9e perd m\u00eame le droit de voter le budget, le seul pouvoir dont elle disposait.<\/p>\n<p><strong>20 avril 1837<\/strong><br \/>\nLa Minerve, journal Patriote, annonce la convocation d\u2019une vaste assembl\u00e9e populaire dans le comt\u00e9 de Richelieu afin de d\u00e9noncer les R\u00e9solutions Russell. C\u2019est la premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie de 50 assembl\u00e9es de protestation (on disait \u00ab anticoercitives \u00bb) qui se tiendront jusqu\u2019en octobre.<\/p>\n<p><strong>7 mai 1837<\/strong><br \/>\nLa premi\u00e8re se tient \u00e0 Saint-Ours : on y d\u00e9nonce les r\u00e9solutions Russell et on y adopte des r\u00e9solutions favorisant les principes r\u00e9publicains et les droits canadiens.<\/p>\n<p><strong>15 mai 1837<\/strong><br \/>\nAssembl\u00e9e populaire \u00e0 Saint-Laurent : on dit que Papineau y pronon\u00e7a le plus important discours de sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>28 mai 1837<\/strong><br \/>\nAssembl\u00e9e \u00e0 Qu\u00e9bec : bizarrement les loyaux ont lou\u00e9 une salle qu\u2019ils ne peuvent remplir&#8230;et les patriotes s\u2019en servent pour tenir leur rassemblement.<\/p>\n<p><strong>15 juin 1837<\/strong><br \/>\nProclamation du gouverneur Gosford, prohibant les assembl\u00e9es. Les Patriotes s\u2019en moquent. et continuent \u00e0 tenir des assembl\u00e9es par ex. \u00e0 Saint-Thomas dans Montmagny, \u00e0 Montr\u00e9al, \u00e0 Stanbridge dans Missisquoi avec un grand nombre de sympathisants d\u2019origine am\u00e9ricaine, \u00e0 Deschambault, \u00e0 Yamachiche, \u00e0 L\u2019Assomption et \u00e0 Saint-Constant (Laprairie) o\u00f9 l\u2019on note la pr\u00e9sence du ministre pl\u00e9nipotentiaire de la France aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p><strong>18 ao\u00fbt 1837<\/strong><br \/>\nL\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative du Bas-Canada refuse de voter le budget; le Gouverneur d\u00e9cide alors de dissoudre la Chambre.<\/p>\n<p><strong>5 septembre 1837<\/strong><br \/>\nNaissance de la soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te patriote \u00ab Les Fils de la Libert\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><strong>En septembre<\/strong><br \/>\nLe comit\u00e9 central des Patriotes approuve la formation de l\u2019Association des dames patriotes du comt\u00e9 des Deux-Montagnes. Ces femmes se r\u00e9unissent pour \u00abconcourir, autant que la faiblesse de leur sexe peut le leur permettre, \u00e0 faire r\u00e9ussir la cause patriotique. \u00bb<\/p>\n<p><strong>4 octobre 1837<\/strong><br \/>\nPublication par Les Fils de la Libert\u00e9 d\u2019un manifeste demandant le droit de choisir un gouvernement r\u00e9publicain.<\/p>\n<p><strong>22 octobre 1837<\/strong><br \/>\nUn millier de Fils de la Libert\u00e9 font des man\u0153uvres dans les faubourgs de Montr\u00e9al, en pr\u00e9paration de la r\u00e9union du lendemain \u00e0 Saint-Charles.<\/p>\n<p><strong>23 octobre 1837<\/strong><br \/>\nAssembl\u00e9e de la \u00ab Conf\u00e9d\u00e9ration des Six Comt\u00e9s \u00bb \u00e0 Saint-Charles, rassemblant 6 000 Canadiens. Divergences importantes entre les discours des principaux chefs patriotes : Louis-Joseph Papineau veut poursuivre l\u2019agitation constitutionnelle, Wolfred Nelson pr\u00f4ne le recours aux armes.<\/p>\n<p><strong>24 octobre 1837<\/strong><br \/>\nMandement de l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de Montr\u00e9al, Mgr Lartigue, d\u00e9non\u00e7ant les Patriotes.<\/p>\n<p><strong>4 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLes Fils de la Libert\u00e9 annoncent la tenue d&rsquo;une r\u00e9union monstre \u00e0 Montr\u00e9al, laquelle est interdite par les magistrats.<\/p>\n<p><strong>6 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLe Doric Club provoque un affrontement entre ses membres et les Fils de la Libert\u00e9. Des maisons de Patriotes connus comme Papineau sont saccag\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>13 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLord Gosford r\u00e9voque la commission de 71 juges de paix suspects.<br \/>\n.<br \/>\n<strong>15 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLe gouvernement \u00e9met 26 mandats d\u2019arr\u00eat, pour crrime de haute trahison, contre Papineau et 22 chefs patriotes qui sont des d\u00e9put\u00e9s l\u00e9gitimement \u00e9lus.<\/p>\n<p><strong>17 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLe notaire Pierre-Paul Desmarais et le docteur Joseph-Fran\u00e7ois Davignon sont arr\u00eat\u00e9s \u00e0 Saint-Jean, mais Bonaventure Viger, \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une dizaine d&rsquo;hommes, les d\u00e9livre des mains des \u00ab carabiniers \u00bb de la Montreal Volunteer Cavalry.<\/p>\n<p><strong>18 novembre 1837<\/strong><br \/>\nThomas Storrow Brown, promu \u00ab g\u00e9n\u00e9ral \u00bb des Fils de la Libert\u00e9, est choisi chef des Patriotes \u00e0 Saint-Charles et s&#8217;empare du manoir Debarztch pour y \u00e9tablir son camp.<\/p>\n<p><strong>22 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLe lieutenant-colonel Gore quitte Montr\u00e9al avec 500 hommes sur le vapeur Saint-Georges pour se rendre \u00e0 Sorel. Les troupes se mettent en marche le soir m\u00eame afin d&rsquo;op\u00e9rer une jonction \u00e0 Saint-Charles avec les soldats venant de Chambly.<\/p>\n<p><strong>23 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLes 250 Patriotes de Saint-Denis et 200 autres venus de Saint-Antoine et des environs, command\u00e9s par Wolfred Nelson, remportent la bataille apr\u00e8s 8 heures d\u2019affrontement contre six compagnies d\u2019infanterie et un d\u00e9tachement d&rsquo;artillerie, command\u00e9s par Gore. Les 450 Britanniques laissent 6 tu\u00e9s et 11 bless\u00e9s, dont 6 ont \u00e9t\u00e9 soign\u00e9s par le Dr Nelson le soir. C\u2019est un fait tr\u00e8s rare dans les annales militaires du monde! Du c\u00f4t\u00e9 des Patriotes, il y a 12 tu\u00e9s et 8 bless\u00e9s. Un espion anglais, fait prisonnier le matin, George Weir, avait \u00e9t\u00e9 abattu en essayant de s&rsquo;\u00e9chapper.<\/p>\n<p><strong>25 novembre 1837<\/strong><br \/>\n\u00c0 Saint-Charles, les 200 Patriotes retranch\u00e9s autour du manoir Debartzch sont d\u00e9faits par les troupes de Wetherall, \u00e0 la suite d\u2019une s\u00e9rie d\u2019erreurs. Les alli\u00e9s venant de Saint-Hyacinthe arrivent trop tard. Apr\u00e8s deux heures, les Patriotes se rendent. Parmi eux, on compte 35 tu\u00e9s (on raconte que quelques bless\u00e9s furent massacr\u00e9s sans piti\u00e9.) 35 autres furent faits prisonniers. Du c\u00f4t\u00e9 britannique, on compte 3 tu\u00e9s et 18 bless\u00e9s. Les prisonniers, attach\u00e9s deux \u00e0 deux, furent forc\u00e9s de marcher jusqu\u2019\u00e0 Montr\u00e9al en passant par Chambly, LaPrairie, Lachine, jusqu\u2019au Pied-du-Courant. Certains en moururent peu apr\u00e8s. Le village fut en bonne partie br\u00fbl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>28 novembre 1837<\/strong><br \/>\nSur le chemin du retour, les troupes sont attaqu\u00e9es sans succ\u00e8s par un groupe de Patriotes \u00e0 Pointe-Olivier (Saint-Mathias). Deux Patriotes sont tu\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>30 novembre 1837<\/strong><br \/>\nWetherall et ses troupes rentrent triomphalement \u00e0 Montr\u00e9al, ramenant comme troph\u00e9e, en plus des prisonniers, la colonne de la Libert\u00e9 \u00e9rig\u00e9e \u00e0 Saint-Charles le 23 octobre.<\/p>\n<p><strong>30 novembre 1837<\/strong><br \/>\nLes Patriotes occupent Saint-Eustache. Amury Girod et Ch\u00e9nier vont chercher des armes \u00e0 Oka.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9but d\u00e9cembre<\/strong><br \/>\nLouis-Joseph Papineau r\u00e9ussira \u00e0 se rendre aux \u00c9tats-Unis et s\u2019\u00e9tablira \u00e0 Albany.<\/p>\n<p><strong>2 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nGore avec sa troupe revient \u00e0 Saint-Denis, que Nelson et ses amis ont quitt\u00e9. Il d\u00e9couvre le cadavre de George Weir et donne l&rsquo;ordre d&rsquo;incendier une bonne partie du village. Le 3, il se rend \u00e0 Saint-Charles et ensuite \u00e0 Saint-Hyacinthe.<\/p>\n<p><strong>5 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nLa loi martiale est proclam\u00e9e dans le district de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p><strong>6 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nUn groupe de 80 Patriotes tente de revenir des \u00c9tats-Unis, \u00e0 Moore\u2019s Corner (Philipsburg). Ils sont surpris par un corps de 300 miliciens volontaires anglais arm\u00e9s l\u2019apr\u00e8s-midi m\u00eame\u2026 L&rsquo;engagement dure \u00e0 peine un quart d&rsquo;heure : un Patriote est tu\u00e9 et quatre sont faits prisonniers.<\/p>\n<p><strong>13 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nLe g\u00e9n\u00e9ral John Colborne, \u00e0 la t\u00eate de 1300 soldats, quitte Montr\u00e9al \u00e0 destination de Saint-Eustache.<\/p>\n<p><strong>14 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nAid\u00e9 par 2 000 volontaires, Colborne attaque les 200 patriotes retranch\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise autour de Jean-Olivier Ch\u00e9nier. Pendant le combat, l\u2019\u00e9glise est mise \u00e0 feu. Ch\u00e9nier est tu\u00e9, c\u2019est la d\u00e9faite des Patriotes et l\u2019incendie du village.<\/p>\n<p><strong>15 d\u00e9cembre 1837<\/strong><br \/>\nL\u2019arm\u00e9e britannique br\u00fble le village de Saint-Beno\u00eet m\u00eame si les gens ont renonc\u00e9 \u00e0 combattre.<\/p>\n<h3><strong>1838<\/strong><\/h3>\n<p>5 janvier<br \/>\nLe pr\u00e9sident Martin Van Buren des \u00c9tats-Unis proclame la neutralit\u00e9 de son pays dans le conflit au Canada.<\/p>\n<p><strong>6 janvier 1838<\/strong><br \/>\nPlusieurs chefs patriotes se r\u00e9unissent \u00e0 Middlebury au Vermont. Robert Nelson prend la place de Papineau comme chef du mouvement patriote. On d\u00e9cide de cr\u00e9er une grande association secr\u00e8te, les Fr\u00e8res Chasseurs, en vue d\u2019une nouvelle insurrection. Ceux-ci compteront \u00e0 l\u2019automne plus de 100 000 membres dans les deux Canadas et aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p><strong>10 f\u00e9vrier 1838<\/strong><br \/>\nLe Parlement britannique suspend la constitution de 1791 et nomme John George Lambton, Lord Durham, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral et haut-commissaire. On le charge d\u2019enqu\u00eater sur l\u2019insurrection de 1837 dans les deux provinces. La Reine Victoria d\u00e9cide de suspendre la constitution jusqu&rsquo;au 1er novembre 1840. Elle ordonne la formation d&rsquo;un conseil sp\u00e9cial. Ce qui entre en vigueur le 27 mars 1838.<\/p>\n<p><strong>24 f\u00e9vrier 1838<\/strong><br \/>\nUn vol d&rsquo;armes est effectu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arsenal d&rsquo;Elizabethtown dans l&rsquo;\u00c9tat de New York, lequel est attribu\u00e9 aux Patriotes. Dans les mois qui suivent, on signale quelques raids des Patriotes dans les Cantons-de-l\u2019Est, par exemple \u00e0 Potton.<\/p>\n<p><strong>28 f\u00e9vrier 1838<\/strong><br \/>\nLes Patriotes, command\u00e9s par Robert Nelson, entrent dans la province \u00e0 Week\u2019s House, pr\u00e8s de Noyan. Nelson y proclame l\u2019ind\u00e9pendance du Bas-Canada. Cette d\u00e9claration pr\u00e9voit la s\u00e9paration de l\u2019\u00e9glise et de l\u2019\u00e9tat, la suppression de la d\u00eeme, l\u2019abolition des redevances seigneuriales, la libert\u00e9 de la presse, le suffrage universel, le scrutin secret, la nationalisation des terres de la British American Land Co, l\u2019emploi des deux langues dans les affaires publiques, etc.<\/p>\n<p><strong>Mars \u00e0 octobre 1838<\/strong> : Robert Nelson et Cyrille-O. C\u00f4t\u00e9 pr\u00e9parent une arm\u00e9e de lib\u00e9ration pour l\u2019invasion en recrutant des milliers d\u2019adh\u00e9rents qui pr\u00eatent serment.<\/p>\n<p><strong>27 mai 1838<\/strong><br \/>\nDurham arrive au Canada. Il y demeurera 5 mois. Colborne lui remet le pouvoir. D\u00e9j\u00e0, la loi martiale avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9e dans le district de Montr\u00e9al. Comme 501 personnes \u00e9taient incarc\u00e9r\u00e9es depuis l\u2019automne, il estima urgent de les lib\u00e9rer&#8230;<\/p>\n<p><strong>29 mai 1838<\/strong><br \/>\nDurham a la responsabilit\u00e9 de d\u00e9cider de la forme et du futur gouvernement des provinces canadiennes. Il fait enqu\u00eate et pr\u00e9pare un important rapport. Le Conseil sp\u00e9cial est remplac\u00e9 par un Conseil ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p><strong>18 juin<\/strong> <strong>1838<\/strong><br \/>\nIl propose aux huit principaux chefs de l\u2019insurrection un aveu de culpabilit\u00e9 en \u00e9change de la gr\u00e2ce des autres d\u00e9tenus politiques. Offre accept\u00e9e le 26.<\/p>\n<p><strong>28 juin 1838<\/strong><br \/>\nProclamation d&rsquo;amnistie pour tous les Patriotes d\u00e9tenus sauf les 16 r\u00e9fugi\u00e9s aux \u00c9tats-Unis et les dix accus\u00e9s du meurtre de George Weir.<\/p>\n<p><strong>2 juillet 1838<\/strong><br \/>\nLes huit chefs sont envoy\u00e9s en exil aux Bermudes : ils montent, encha\u00een\u00e9s, \u00e0 bord du bateau Le Canada qui les conduit jusqu&rsquo;\u00e0 Qu\u00e9bec. Et le 6 juillet, ils quittent Qu\u00e9bec sur la fr\u00e9gate de guerre Vestale.<\/p>\n<p><strong>16 ao\u00fbt 1838<\/strong><br \/>\nLe Parlement de Londres d\u00e9savoue la d\u00e9cision de Durham.<\/p>\n<p><strong>2 novembre 1838<\/strong><br \/>\nD\u00e9savou\u00e9, Durham quitte le Canada et laisse de nouveau le commandement \u00e0 Colborne.<\/p>\n<p><strong>3 novembre 1838<\/strong><br \/>\nLes Fr\u00e8res chasseurs se soul\u00e8vent diff\u00e9rents points de la Mont\u00e9r\u00e9gie : \u00e0 Beauharnois, \u00e0 Sainte-Martine (ils auraient \u00e9t\u00e9 2000 au camp Baker), \u00e0 Ch\u00e2teauguay, \u00e0 la Pointe-Olivier (Saint-Mathias), \u00e0 Saint-Constant, \u00e0 Boucherville, et surtout \u00e0 Napierville, au Grand camp. L\u00e0, ils \u00e9taient 7 000, rassembl\u00e9s sous le commandement du \u00ab g\u00e9n\u00e9ral en chef \u00bb Robert Nelson. Celui-ci s\u2019\u00e9tait nomm\u00e9 pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Bas-Canada. Et il avait proclam\u00e9 de nouveau l&rsquo;ind\u00e9pendance du Bas-Canada devant des centaines de Patriotes en rang. Ces milliers de gens attendaient des armes.<\/p>\n<p><strong>4 novembre 1838<\/strong><br \/>\nUne centaine de Patriotes de Ch\u00e2teauguay, command\u00e9s par Cardinal et Duquette, se rendent \u00e0 Caughnawaga dans l&rsquo;intention d&rsquo;obtenir des armes, mais ils tombent dans une embuscade et sont remis \u00e0 Colborne par les Iroquois.<\/p>\n<p><strong>5 novembre 1838<\/strong><br \/>\nLes Patriotes de Beauharnois s\u2019emparent du bateau \u00e0 vapeur Henry Brougham. Ils font plusieurs prisonniers.<\/p>\n<p><strong>6 novembre 1838<\/strong><br \/>\nUne centaine d&rsquo;hommes quittent Napierville afin d\u2019aller chercher des armes \u00e0 Rouse&rsquo;s Point (New York).<\/p>\n<p><strong>7 novembre 1838<\/strong><br \/>\nSix cents Fr\u00e8res chasseurs, command\u00e9s par le Dr. C\u00f4t\u00e9, affrontent les volontaires \u00e0 Lacolle. Ils sont d\u00e9faits et se dispersent.<\/p>\n<p><strong>9 novembre 1838<\/strong><br \/>\nD\u2019autres Fr\u00e8res chasseurs, cherchant \u00e0 recouvrer les armes promises et attaquent les loyalistes qui leur barrent la route \u00e0 Odelltown. Au bout de deux heures, ils doivent se retirer. D\u2019ailleurs, l\u2019arm\u00e9e de Colborne,\u00a0 forte de 6 000 hommes, se rapproche rapidement de Napierville. Robert Nelson s\u2019enfuit aux \u00c9tats-Unis avec un grand nombre de ses hommes. L\u2019arm\u00e9e pille et incendie plusieurs villages de la Rive-Sud.<\/p>\n<p><strong>27 novembre 1838<\/strong><br \/>\nColborne met en place une cour martiale afin de juger les nombreux Patriotes (plus de 1 000) emprisonn\u00e9s et accus\u00e9s de s\u00e9dition ou de haute trahison.<\/p>\n<p><strong>20 d\u00e9cembre au 15 f\u00e9vrier<\/strong>, apr\u00e8s un simulacre de proc\u00e8s, 12 patriotes sont pendus devant la prison du Pied-du-Courant, publiquement.\u00a0\u00a0\u00a0 58 seront exil\u00e9s en Australie pour cinq ans, tout comme 62 \u00ab Reformists \u00bb du Haut-Canada.<\/p>\n<h4><\/h4>\n<h4>Voici la liste des Patriotes pendus \u00e0 Montr\u00e9al :<\/h4>\n<p>Joseph-Narcisse Cardinal (notaire, 30 ans, mari\u00e9, 5 enfants),<br \/>\nJoseph Duquette (\u00e9tudiant en loi, 22 ans, c\u00e9libataire),<br \/>\nPierre-Th\u00e9ophile Decoigne (notaire, 27 ans, mari\u00e9, 2 enfants),<br \/>\nFran\u00e7ois-Xavier Hamelin (cultivateur, 23 ans, c\u00e9libataire),<br \/>\nJoseph Robert (cultivateur, capitaine de milice, 54 ans, mari\u00e9, 5 enfants),<br \/>\nAmbroise Sanguinet (cultivateur, 35 ans, mari\u00e9, 2 enfants),<br \/>\nCharles Sanguinet (cultivateur, 36 ans, mari\u00e9, 2 enfants),<br \/>\nFran\u00e7ois-Marie Chevalier de Lorimier (notaire, 35 ans, mari\u00e9, 3 enfants),<br \/>\nPierre-R\u00e9mi Narbonne (peintre-huissier, 36 ans, mari\u00e9, 2 enfants),<br \/>\nFran\u00e7ois Nicolas (instituteur, 44 ans),<br \/>\nAmable Daunais (cultivateur, 21 ans, c\u00e9libataire),<br \/>\nCharles Hindenlang (Fran\u00e7ais, militaire, 29 ans, c\u00e9libataire).<\/p>\n<p><strong>11 f\u00e9vrier 1839<\/strong><br \/>\n\u00c0 Londres, Durham d\u00e9pose son important rapport qui recommande, entre autres, la minorisation et l\u2019assimilation des Canadiens qui sont, d\u2019apr\u00e8s lui, \u00ab un peuple sans histoire et sans litt\u00e9rature. \u00bb\u00a0 Il admet que l\u2019insurrection est une lutte de race, deux nations se faisant la guerre au sein d\u2019un m\u00eame \u00c9tat. Il propose d\u2019une part d\u2019unir les deux provinces et de leur accorder un gouvernement responsable. Mais il propose aussi l\u2019assimilation des \u00ab Canadiens \u00bb par le biais d\u2019une immigration massive du Royaume-Uni, ce qui rendra rapidement les Canadiens fran\u00e7ais minoritaires.<\/p>\n<h4>TROIS AUTRES DATES MAJEURES<\/h4>\n<p><strong>10 f\u00e9vrier 1841<\/strong><br \/>\nEntr\u00e9e en vigueur de l\u2019ACTE D\u2019UNION<\/p>\n<p><strong>13 septembre 1842<\/strong><br \/>\n\u00c0 Kingston, LaFontaine revendique le droit de parler fran\u00e7ais m\u00eame si l\u2019Acte d\u2019Union le d\u00e9fend.<\/p>\n<p><strong>25 avril 1849<\/strong><br \/>\n\u00c0 Montr\u00e9al, l\u2019assembl\u00e9e vote des indemnit\u00e9s pour les gens du Bas-Canada l\u00e9s\u00e9s durant les insurrections, comme elle l\u2019a fait pour le Haut-Canada. Les Anglais de la ville attaquent le gouverneur Elgin et incendient le Parlement avec sa biblioth\u00e8que. Ils font perdre \u00e0 Montr\u00e9al son titre de capitale.<\/p>\n<h3>LES PATRIOTES : LES ATTITUDES POSSIBLES<\/h3>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab Patriotes \u00bb est un des moments-clefs de l\u2019histoire du Qu\u00e9bec. De 10 000 \u00e0 12 000 hommes ont pris les armes ou ont cherch\u00e9 \u00e0 le faire;\u00a0 200 sont morts dans les batailles; 1200 ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s;\u00a0 100 ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 mort;\u00a0 12 ont \u00e9t\u00e9 pendus et 58 ont \u00e9t\u00e9 exil\u00e9s pour cinq ans en Autralie&#8230; 40 villages ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s en tout ou en partie;\u00a0 sans parler des souffrances des femmes et des familles&#8230; Ce n\u2019est pas rien!<\/p>\n<p>Que ce soit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, au Cegep, dans l\u2019enseignement primaire et secondaire, en politique surtout, on ne peut faire abstraction de ces \u00e9v\u00e9nements. Face aux Patriotes, on adopte l\u2019une des attitudes suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; on peut faire comme les Ontariens et NE PAS EN PARLER&#8230; Dans la province voisine en effet, on a choisi d\u2019en parler le moins possible; on a m\u00eame d\u00e9moli en 1967 le plus majestueux monument \u00e9lev\u00e9 en 1938\u00a0 \u00e0 leur m\u00e9moire, \u00e0 Niagara. Il y a pourtant eu chez eux plus de batailles, plus de morts, plus de pendus et plus d\u2019exil\u00e9s en Australie.<\/p>\n<p>&#8230; au niveau universitaire, dans les d\u00e9partements d\u2019histoire, il va de soi qu\u2019on doit EN PARLER AVEC RIGUEUR : pr\u00e9senter les deux c\u00f4t\u00e9s du conflit, aller au fond des probl\u00e8mes, montrer les personnages et leur influence par la suite, sans oublier la terrible r\u00e9pression allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019incendie du Parlement en 1849.<\/p>\n<p>&#8230; partout ailleurs, on devrait EN PARLER AVEC CHALEUR, si on est descendant de ces d\u00e9fenseurs de la patrie, si on a compris l\u2019importance de leur lutte et le courage qu\u2019ils ont manifest\u00e9; on les consid\u00e8re alors comme des H\u00c9ROS qui m\u00e9ritent l\u2019admiration des g\u00e9n\u00e9rations nouvelles.<\/p>\n<p>&#8230; les Qu\u00e9b\u00e9cois qui sont POLITIS\u00c9S et qui ont compris le TRIPLE OBJECTIF que ces gens poursuivaient iront logiquement au bout de leurs d\u00e9couvertes :<\/p>\n<p>a) Les Patriotes voulaient des INSTITUTIONS D\u00c9MOCRATIQUES : les Canadiens les ont obtenues, au moins partiellement, en 1848; mais le rapport Durham a bien pr\u00e9cis\u00e9 que cela devait servir \u00e0 minoriser les francophones;<\/p>\n<p>b) Il voulait la RECONNAISSANCE NATIONALE du peuple \u00ab canadien \u00bb : celle-ci a \u00e9t\u00e9 partiellement obtenue en 1867, mais ni\u00e9e dans la constitution de 1982; en 2006, on l\u2019a obtenue en apparence du Parlement canadien, mais ce parlement a soulign\u00e9 que \u00e7a ne voulait rien dire&#8230;<\/p>\n<p>c) Les Patriotes voulaient aussi la LIBERT\u00c9 POLITIQUE de leur nation : celle-ci a \u00e9t\u00e9 obtenue \u00e0 40 % en 1867, mais elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 30-35 % en 1982.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ce blocage, les f\u00e9d\u00e9ralistes concluent que la situation est vivable; ils adoptent le point de vue des Anglo-Canadiens et consid\u00e8rent les Patriotes comme des impatients, qui auraient mieux fait de se tenir tranquilles.<\/p>\n<p>Par contre les souverainistes sont convaincus que les Patriotes ont entrepris une oeuvre qu\u2019il faut compl\u00e9ter, pour assurer la survie de leur nation. Ils ne se g\u00eanent pas pour l\u2019affirmer quand ils rendent hommage \u00e0 ces h\u00e9ros.<\/p>\n<p><em>Onil Perrier\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em><br \/>\n<em>19 mai\u00a0 2014<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronologie de la double insurrection des Patriotes\u00a0 (1837-1838) Aper\u00e7u des causes (1792 \u00e0 1837) 1792 Cr\u00e9ation des provinces du Bas-Canada et du Haut-Canada, dot\u00e9es chacune d\u2019une Assembl\u00e9e l\u00e9gislative \u00e9lue par le peuple et d\u2019un Conseil l\u00e9gislatif nomm\u00e9 par le Gouverneur. Celui-ci repr\u00e9sente le roi et agit en monarque absolu. 1815 Les d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus par le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":44,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-50","page","type-page","status-publish","hentry","post-preview"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/50","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=50"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/50\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2141,"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/50\/revisions\/2141"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/44"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.riches-lieux.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=50"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}